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jeudi 24 juillet 2008

Il y a routes et routes !

Je vais m'essayer encore aujourd'hui à une comparaison. Comparaison n'est pas raison... Le Nigéria est plus grand que le Togo en termes de superficie et de population. L'Union européenne n'a pas coupé sa coopération avec le Togo depuis 1993 avant de renouer en 2007. Patati patata...

Pour avoir fait des tours et détours ces derniers jours à Lomé, à pied et à moto, disons-le franchement le Togo n'a pas de routes. A Lagos, les autoroutes du Togo ne sont que des ruelles. Partant de mon hôtel situé dans le quartier Victoria Island pour Mazamaza, j'ai vu des routes et encore des routes. Trois voies dans les deux sens. Ce qui permet à six véhicules d'aller et de venir sans gêne. Et ce n'est pas tout, la même infrastructure est doublement répétée au-dessus de nos têtes. Si vous êtes un bon calculateur, vous devez vous en convaincre qu'il s'agit de 18 voies. Incroyable pour le petit Togolais qui ne connaît que Lomé : de la frontière d'Aflao au rond-point du port et du Boulevard du 13 janvier à GTA ou au Lycée Technique d'Adidogomé.

Alors pourquoi je déblatère encore aujourd'hui sur les routes. Parce qu'un conducteur de taxi-moto (zémidjan), qui m'a pris de la ville pour mon boulot, a commis l'impertinence de me poser cette question : quand va-t-on réparer les routes défoncées à Lomé ? Savez-vous quelle a été ma réponse ? Non ! Je lui ai dit ça se fera. Il a eu le culot de me demander à nouveau : quand ? C'est alors que je me suis mis en rogne. On ne me pose pas de telles questions Monsieur. Vous n'avez pas de routes à réparer. Vous n'avez que des sentiers, comme au village. Il ne pourrait en être autrement. J'ai dit !

vendredi 18 juillet 2008

Olusegun Obasansjo :(

Me voici de retour, pour vous parler d'un homme. Pas n'importe qui l'ancien président du Nigéria, Chief Olusegun Obasanjo. C'est un copain :)

Depuis sa retraite (forcée!), M. Obasanjo s'est retiré dans sa ferme d'Ota. Il est le promoteur de l'Université du coin. Il avait donc tout intérêt à s'occuper de lui-même après en avoir fait pour le pays qui ne lui est pas reconnaissant. Obasanjo est une personnalité hors du commun. Il force le respect mais les Nigérians lui en veulent d'avoir voulu briguer un troisième mandat, grâce au tripatouillage de la constitution. Il a voulu changer les règles du jeu en plein match. Ceux qui se sont opposés à cette forfaiture en ont eu pour leur compte. Le vice-président Atiku Abubakar, qui rêvait de lui succéder, a mordu la poussière.

Faut-il considérer cela comme un incident de parcours ou une énorme gaffe ? Je ne me prononcerai pas là-dessus, au risque de froisser mon pote. J'observe au demeurant que Matthew peut jouer un rôle sur le continent, et surtout en Afrique de l'Ouest, en matière de promotion de la démocratie. A moins de prendre conscience de son envergure et d'en user judicieusement. Sa dernière visite à Kara, dans le nord du Togo, me laisse néanmoins perplexe.

mercredi 16 juillet 2008

Lagos by morning

J'ai foulé le sol nigérian par une nuit pluvieuse. J'étais trop pressé de gagner mon hôtel que je ne me suis pas livré à une très grande observation. Je me suis dit, je prendrai ma revanche. Ma revanche, je l'ai prise le jour de mon départ. A 4 heures, j'étais déjà hors de mon lit et 30 minutes plus tard hors de ma chambre. Il m'a fallu encore 30 minutes pour trouver un taxi. Calcul mental : aux environs de 5 heures, me voici en train de faire de la "sociologie contemplative" dans les rues de Lagos. Oui, au moins là, on peut parler de rues. Larges, spacieuses et nombreuses aussi, mon chauffeur en abusait et roulait à une grande vitesse. Néanmoins, je puis voir à cette heure déjà des employés descendre des bus sur leurs lieux de travail. Certains devraient habiter loin et pour éviter d'être coincés dans les embouteillages, ils se lèvent tôt.
Parlons des embouteillages, ça ne manque pas à Lagos, à n'importe quelle heure du jour. Vers 5 h 30, des cordons se formaient déjà sur certaines voies. On peut les éviter c'est ce que m'a appris, Emeka, l'un des mes nouveaux amis. Il suffisait de prendre des raccourcis que les gens ignorent et hop on se retrouve sur une rue dégagée.
Arrivé à Lagos vers 21 heures, notre car n'a pu larguer au terminal que vers 23 heures. Il nous aurait fallu deux heures pour gagner l'hôtel ce jour-là. Mais Emeka a dirigé notre chauffeur sur une route. Tous deux, ont discuté du parcours et pris des grandes décisions. Pas une minute à perdre, un et deux détours, nous étions déjà très loin. Bravo Emeka, Truly, You are a Lagos boy !
Revenons au matin de mon départ, mon guide croyait que le terminal se trouvait à Mazamaza. Il s'est trompé. Mazamaza c'est le prototype des gares africaines. Bruits, désordres, chaos... et que dire insécurité, banditisme, délinquance. Alors que des coxeurs tentaient de nous retirer nos bagages et de nous faire monter dans des bus en partance pour l'intérieur, j'entendais non loin de là des coups de feu. Personne ne s'en souciait. La vie continuait normalement. Si c'était à Lomé, le monde aurait pris les jambes au cou. On m'a expliqué que cet "incident" est tellement courant au Nigéria que personne n'en prend garde.
De Mazamaza, j'ai eu la formidable occasion de prendre une seconde fois un taxi-moto. Nous étions à trois sur cet engin qui filait à vive allure. Le motocycliste avait reçu des consignes fermes. Ne pas perdre une seule seconde parce que le car en partance pour le Togo n'attendra pas le passager que je suis...
Une fois arrivée au terminal, une autre aventure m'attendait. Celle-là, je vous la conte prochainement.

lundi 14 juillet 2008

Spécialiste du Nigéria ?

Bonjour à tous,

Du 7 au 11 juillet dernier, j'ai séjourné à Lagos, la capitale économique du Nigéria. Très peu de jours passés dans ce pays, mais j'ai découvert beaucoup de choses, échangé avec beaucoup de personnes au point que je me sens apte à commenter l'actualité nigériane, sur n'importe quelle chaîne de télévision ou de radio du monde. Je suis devenu spécialiste du Nigéria. Et pour prouver que ce n'est pas un canular, je me ferai le devoir de raconter dans ce blog mes expériences au pays des Yoruba, des Igbo, des Ogonis...

Pour commencer, le nom complet à l'état-civil de l'ancien président du Nigérian, celui à qui a succédé l'actuel est : Olusegun Matthew Okikiola Aremu Obasanjo. Dans le protocole, ce nom doit être précédé du titre Chief et conclut par un autre titre "GCFR" Grand Commander of the Order of the Federal Republic. Ce qui donne Chief Olusegun Matthew Okikiola Aremu Obasanjo, GCFR.
Pourquoi j'ai choisi de parler de lui en premier, c'est parce que c'est un pote, un copain du National Open University du Nigeria où il prépare un PostGraduate Degree.

Je ne suis pas n'importe qui :-)